samedi 1 octobre 2016

elle a bu le sang







Une fleur de sel s’est posée dans son œil 
                                                      bleue 
brume d’automne sur le bord de son cil 
paupière baissée    visage parsemé de rosée matinale 

la mort est absente de sa lèvre de rose 
nu le pétale qui lui gonfle la gorge 


                                       une étoile l’éclaire


son âme est une miette féconde inestimable 
                                  dans la foule des étoiles 


dans son cœur une épine 
la rose s’est ouverte 
elle a bu le sang de sa veine entr'ouverte




jeudi 22 septembre 2016

sableuse solitude








Poussière ou limon 
l’endroit s’inverse
pétri de sa glèbe
il renaît de la cendre

sans prendre part à sa naissance
il lui redonne vie 

un coquillage s’ouvre et le prend
l'immerge dans ses eaux


               cellule
               arbre
               torrent


                   retour en septembre

les étoiles    
les marées envahissent les sillons
privé de son lit   de ses eaux 
il vagabonde 



sentier des origines


                   sableuse solitude




dimanche 18 septembre 2016

la nuit sort de la vague







La nuit sort de la vague 
des mains griffent l’eau noire 
soupirs de l’ombre entre les flots 

des fils de lune tombent verticaux 
se projettent dans l’ombre 
les cœurs cognent sur l’onde 

un peintre chinois 
verse son encre 

                       noir

l’instant s’immobilise




dimanche 11 septembre 2016

douze haikus approximatifs






arrachées au sol
les graines pleurent rouge
le vent les rassure






un baiser de feu
enveloppe l’écorce
l’arbre s’enflamme 






sa main est douce
elle caresse l’herbe
orpheline d’eau 






le ciel est en pleurs
à sa fenêtre d’eau bleue
une larme d’or 






l’âme et le corps
se retrouvent dans l’ombre
voyage sans fin






chemins d’exode
les racines se brisent
les cœurs affamés






l’œil est terrible
il scrute sans sourciller
le monde se perd 







sillons parallèles
les corbeaux comme des notes
requiem d’automne




.



la terre chante
sous son tapis de feuilles
le grain va naître







demain la vie là
chaque heure sera première
au commencement







plage de galets
la chaleur te prend les pieds
oublier l’après






au bord du ruisseau
son cœur est d’angélique
herbe aux anges




samedi 10 septembre 2016

INCONSCIENCE

la résonance de Bernard ... merci à lui





« comme » la nuit est sombre
et le « cœur » éclaté
« conscience » renversée







" Un jour le jour éclate
rouge autant que le rouge
et d'or et de ce feu
d'où jaillirait du bleu
noir comme mémoire
fumée noire comme encre
au vitrail incarnée
l'incendie du soleil explose de matière
inconscience cosmique en lave projetée
et la blancheur du vide imagine des mondes imprégnés d'harmonies
abysses ou zéniths
torturent le voyage
déchirent les couleurs
entrecroisent les marges
fluorisent la terre au bord des océans
les prairies printanières

le regard s'est fardé
traces fossilisées de vestiges de traits
de signes survivance
locution mystérieuse

 le miroir échappé "


 Bernard B




mardi 6 septembre 2016

sans titre







Dans la flaque
le mot
brouillard oppressant
herbe charnue au fond de l'encrier

parole du livre
poème arraché au ventre du papier

un cri s'est échappé
un fantôme a frémi

cœur de lait   
entre l'or du temps et le bleu de l'instant
cette poudre de pluie
octave à l'infini





samedi 3 septembre 2016

sans titre







Exubérance du jour 
fil blanc sur le drap 
couture invisible 

                 toile ajourée 
                 puissance de la feinte 

méandres du torrent 
son visage de neige 
entre les laines du frimas