mercredi 24 mai 2017

ce peu de chose






Chemise ouverte
            la peau frémit
à chaque doigt une rupture
une fracture
            lèvres de braise
            langue de mangue
            silence ourlé
griffure des lignes
le mot prend forme   revers des phrases
sur la margelle l’ombre s’installe
plus rien ne bouge 

cœur en sursis 

le sang
le lait
entre les dents un goût étrange

le ciel rit à pleine gorge
ouvre sa porte à l’amoureuse





lundi 22 mai 2017

ailleurs







Dans la rivière 
             pleurent les songes 
             ombres concaves 
             des mots d’exil 
     chemins de plume
     et d’encre noire 

     entre les pierres 
     naissent les ruines 
              d’une vie parfaite
              d’une vie défaite

     graines d’octave 
     ouvrant la gamme 
     en intervalle  à l’unisson 

     rivière des songes 
                 le temps les ronge 
     une dent déchire la note morte





dimanche 21 mai 2017

sublimation






.



 à lire ici 




et merci à Bernard pour son beau rêve offert en partage


Efface de mon cœur ce vil emportement
De mes mains, de mon corps ce geste de violence
De mes yeux, d'un regard ce courroux assassin
De mes pensées sauvages l'idée de servitude!

Es-tu bien sûr de Toi pour obéir au Roi, au Dieu, à celui qui t'a pris dans son filet serré, qui entretient tes peurs, et qui te mets en guerre contre le monde entier, te fais gloire d'obéir, détruit ta liberté!

Ne sois pas, ne sois plus sa victime complice,
Ne sois pas, ne sois plus servile à son service,
Esclave à tout jamais de celle que tu bats, de celui que tu blesses,
Prisonnier d'une guerre dont tu mourras sinistre.

Ici, partout, ailleurs, encore, toujours,
Il y a dans nos cœurs la flèche du martyr.
Que me suis-je infligé, Homme de tous les temps ?
Je suis mémoire d'Être, ce que tu es je suis.

Si tu veux que je sois, sens toi libre de n'être
qu'enfance au creux de Soi.


Bernard




samedi 20 mai 2017

elle glisse sur la couture







Elle marche sur le fil de ses nuits blanches

                       entre les pierres
                       l'encre
et glisse sur la couture
                       du jour né

la lumière ouvre sa robe 
impudique      émouvante

les oiseaux griffent le ciel de leur bec de couleur
elle embrasse le silence qui goutte dans la chambre




vendredi 19 mai 2017

lu dans Télérama cette semaine



le soir du second tour, le 7 mai, sur l'esplanade du Louvre / Télérama n°3514




« NE PAS EN FAIRE UN HÉROS 

Il va lui falloir résister à la « macronmania ». À ce trouble désir qu’ont parfois les peuples laminés par les crises et les inégalités, déprimés par le manque d’idées et d’avenir, de vouloir croire à un homme providentiel. Qui résoudrait tout. Et les dispenserait de leurs devoirs citoyens. Jamais en France on n’aura assisté à pareille déferlante médiatique pour célébrer l’accession au pouvoir d’un président, vantant sa jeunesse, son intelligence, sa volonté, sa rigueur, sa profondeur, sa fulgurante réussite. Avec ce physique de jeune premier – si français ! – à la Musset. Ou à la Vian. Tradition et modernité. Comme si, à travers cette image si tonique, tout un pays voulait renouer avec sa propre dynamique, se réinventer. Mais « malheureux le pays qui a besoin de héros », faisait dire Bertolt Brecht à son héros Galilée. Les talents d’Emmanuel Macron, les espérances légitimes que suscitent sa foi européenne, son désir de réactiver économiquement, démocratiquement le pays, et la gratitude qu’on lui doit d’avoir arrêté le Front national, ne doivent pas faire oublier la France, blessée et humiliée, qui n’aura pas forcément voté pour lui. D’autant que partout autour de nous le monde réputé démocratique se crispe. La brutalité y devient mode de gouvernement. Donald Trump limoge sans complexe le directeur du FBI qui supervisait une enquête dérangeante ; Benyamin Netanyahou suspend la télévision et la radio publiques israéliennes, trop indociles. Le fol engouement que suscite le plus jeune président de notre Histoire n’est pas un blanc-seing pour un exercice solitaire et cassant du pouvoir. Emmanuel Macron doit être avant tout le garant de nos libertés, de nos égalités, de nos fraternités. » 

Fabienne Pascaud / Télérama n°3514 … p.13 




mercredi 17 mai 2017

chant de l'air







Jardin aux oiseaux 
           becs alignés
la haie leur univers

ciel haut 
           toit du monde

leurs ailes en causerie avec les anges

grain de l'air     fleur du verbe
le bleu et le vert fusionnent dans l'éther 

fil de laine 
le nuage s'étire
saute des mailles 
                     un trou se dessine

                     bleu    à l'infini







samedi 13 mai 2017

ἴσος, σκέλος








Ô
or
âme
azur
sable
désert
voilage
rêvasser
éclaircie
œdipienne
papillonner
kaléidoscope
fourmillement
saperlipopette
quotidiennement
biobibliographie
multidimensionnel
odontostomatologie
pluridisciplinarité
socioprofessionnelle
anticonstitutionnelle
électroencéphalogramme
inconstitutionnellement
constitutionnalisassions
anticonstitutionnellement
constitutionnaliseraient
constitutionnaliserions
radiocristallographies
institutionnalisation
électrocardiographie
collaborationnistes
antigravitationnel
unidimensionnelle
thermorégulateur
standardisation
ramollissement
quadrichromie
ombelliforme
névralgique
magnifique
limonière
kyrielle
joueuse
indigo
huppe
grue
feu

Â

ô
tu
mot
oser
lèvre
bleuté
bonheur
falaises
préservée
batifolait
bouquineuse
margoulettes
tourneboulant
psychothérapie
hétérosexualité
sensationnaliste
philosophiquement
quadridimensionnel
transsubstantiation
glycérophospholipide
cinématographiquement
désapprovisionneraient
contraventionnalisation
apopathodiaphulatophobie
MarmaronettaAngustirostris
LaMachineàGazouillerPKlee
Spitzschwanzstrandläufer
EtrondHéronpetitpatapon
PigliamoschePettirosso
PhylloscopusInornatus
Peindred'abordunecage
HerrerilloCapuchino
JonathanLivingstone
Phalacrocoracidae
Ptilochronologie
Ptilochronologie
Huhulophiliste
Passériformes
Embryogénèse
Engoulevent
Zinzinuler
Hitchcock
Chouette
Spatule
Coucou
Milan
Grue
Pic
II
L


Maria-D Anonyme Annik Bourrache




 merci à Bernard

 Clivage de l'androgyne primordial, vase grec, 4e siècle avJC 



en écho à Bernard